Réminiscences fortes Alzipratu

Rédigé par Corsica Diaspora le Vendredi 23 Décembre 2016 à 19:36




Il y a des décennies, quand Henri Louis de la Grange et son ami, le critique musical, Maurice Fleuret, dans une Corse en lutte et en effervescence, ont lancé les Nuits d'Alzipratu, dans ce cadre magique de la Balagne, avec le soutien d'Adrien - disparu-, de sa femme Julia Rioni et de tant d'autres, nous étions rares les Corses à apprécier l'initiative, à nous y rendre et à le dire publiquement. La critique, fruit de l'inculture, nous éreintait ; que nous apportaient les danses de Bali ? La musique classique ? La présence des notables élus, de la Gendarmerie, de la Légion, au premier rang des spectateurs, était rédhibitoire pour nos détracteurs et était opposée artificiellement à Canta U Populu Corsu qui, lui, chantait la lutte. Nous, militants engagés, pensions que la culture, dans ses différentes formes d'expression, était une, indivisible et devait nourrir le peuple, avec à l'arrière-plan le refus de l'enfermement, de l'autarcie, mortifères Puis les Nuits d'Alzipratu se sont éteintes. Maurice Acquavivan et Annette - militants passionnés et parents de Ghjuvan Battista, le patriote- puis Pierre son frère ont repris la terre et l'ont enrichie par la création et l'alchimie de vins remarquables. Le fond - la culture et la terre- l'ont emporté sur les contradictions inévitables de l’éphémère, des notables, militaires... Le lieu a retrouvé son atmosphère paisible, harmonieuse, de travail.